La nudité de l'esprit.

La nudité de l'esprit.

Pêle-mêle de prunelle.

 

 

 

 

 

 

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Dis ! Monsieur de papier, qui est-tu ?  Quand je grandis tu grossis … C’est peut-être parce que je ne suis pas sage comme une image. Mais que veux-tu, goûter ses envies ça sert à ça la vie … Papa m’a dit que le bon dieu l’avait dit. J’ai cueilli l’airelle, main dans la main de ma mère vagabonde de beauté. Puis à l’école je viens de connaître un ami, c’est beau l’amitié ! Surtout quand dans sa prunelle brille une étincelle lorsque je copie sur son cahier de brouillon, ma tête frôlant son épaule. Dis … Monsieur de papier tu ne le diras pas à mes parents pourquoi ma gomme n’est plus usée parce que je me ferai fâcher. Et puis quand je serai grande je serai amoureuse comme les grands ! Je perdrai ma pantoufle de verre … Chut ! Monsieur de papier. Une fois en me promenant j’ai rencontré un peintre, il peignait le soleil comme ce soleil qui me regarde tous les matins dans une chevelure lointaine peignée d'une main souveraine.  Ben tu ne sais pas  Monsieur de papier, sa blouse était toute salie ! C’est ça être artiste ? Se salir beaucoup ! Maman chante beaucoup, elle chante toujours : « Ma bohème. » quand il fait orange dans la maison parce que papa la gronde souvent. Et puis après … Elle me dit : « Tu sais mon petit … La vie c’est un compte de faits. » Elle m’a dit aussi une autre fois : « Il se noie dans l’alcool, sa pérennité d’espoir !  Son noir et blanc à ciel ouvert. Ça déprime grave, mémoire passoire, passe oir, putain de cantine sans lave-vaisselle !  La fin s’en va, la faim revient. ».  Mais moi je n’ai rien compris, je ne suis qu’une petite fille et toi tu es un jeune homme Monsieur de papier. Dis ! Monsieur de papier ! : «  Raconte-moi une jolie histoire, un conte de fée. » Soudain souffla la brise un étrange solfège aux arpèges désordonnés, do, ré, mi, fa, sol, mie, rai, dos … Cahotant une reliure, pages au vent et le Monsieur de papier se mit à parler :  « Dis ! Petite ! Je ne suis pas un Monsieur de papier je suis les chapitres de ta mémoire. » Et fillette, les lèvres pincées, se vit grand-mère assoupie auprès du feu, un livre tombé à ses pieds, feuillets éparpillés de souvenirs ébréchés.  

 

 

 

 

 

* Oir : verbe entendre en espagnol.

 

 

Minuscule brève, l’airelle pleureuse, doucereuse palombe, bohémienne rêveuse, fillette ne guette qu'un instant de bonheur.

Au cœur d'une rose le pourpre s'ose.

 

 

Nouvelle transcrite en deux heures, durée de vie d’une encre passagère.

 

 

 

 

 

 

http://static.blog4ever.com/2006/01/94307/signature_3.gifRachel Désir



13/03/2016
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