La nudité de l'esprit.

La nudité de l'esprit.

J'étais Ramsès 2.

 

 

 

 

 

 

 

 

J'étais Ramsès 2 et je disais.

 

Je vous voyais d'en haut, du deuxième millénaire avant votre prophète, Jésus. Je croyais être ténèbres …

J'étais le troisième cavalier de la liberté, Osiris me laissait passer vers l'autre rive, le passeur, de nos âmes, j’aurais tant aimé courtiser Isis et Nephtys.  Pendant, que vos peuples insoumis voyaient naître l’extraction de l'homme dans la médiocrité, je construisais les pyramides. Par moi, vous aviez vu le peuple de Moïse sortir du pays d’Égypte, voyiez vous l'extinction du peuple d'Abraham ?

Comprenez- vous la sortie de la Mésopotamie ?

De la mer rouge ?

C'est elle ouverte devant vos forces ?

 

Non car j'étais Ramsès 2, Roi d' Égypte.

 

De la dix-neuvième dynastie et le troisième chevalier des 44 cavaliers de la vie. Le Pharaon des pharaons. Et pendant que les hébreux quittaient mon sol, ma terre me brûlait les pieds, je parlais. Et ce qui se disait était écrit. Je me préparais à la guerre mais avant...

Je posais Néfertari, ma première épouse et Bentanat, la cinquième sur la même couche. Le cercueil de mes déesses, mon tombeau d’œuvres défuntes où la peinture de mes sens gravait sur leur peau ambrée, la toile des gestes d’amour d’un Apollon au verbe tombant sur leur bouche éclose. Des petites esclaves au teint pâle et aux seins fermes étaient là pour m’initier  à l’éveil des marguerittes. Faire embaumer leur corolle des mille parfums de l’amour.  Sur la courte brèche entre effluves et évanescence, Néfertari avait le rôle d'éveiller la main des Dieux pour que d’autres femmes et concubines reçoivent l'essence de ma puissance. Tel était mon rôle d’homme, enivrer et être saoul du satin des prairies de l’amour.

Je regardais ses yeux bleus en miroir reflétés. Sur ses ventres, je voyais brandir l'arme de la liberté. Le corps d'un Dieu devait aussi exulter. Baisers mouillés, acte sublimé. Je préférais ces corps nus à mes pyramides. Je privilégiais le nu aux bandelettes des momies, dandinettes d’esprit …

Il y avait déjà Sodome et Gomorrhe.

Entre mes reins une douleur se nichait,

 

Je voulais avoir le temps de jouir, comme celui au combat  de mourir ...

 

J’avais le courage de jouir, j’avais la peur de mourir.

 

Mais l’envie de conquérir était là … Devant jupons ou canons, je restais coureur et fier.

  

J'étais le Dieu Ramsès 2

 

- Nous étions en Asie mineure, devant la ville de Kadesh, là où le soleil brûlait les soldats et tannait les cuirs. Là où l'astre voulait et osait chauffer ma peau blanche à Moi, Dieu parmi les Dieux. Là j’attendais. que la terre couleur ocre rougisse du sang pourpre de mes guerriers égyptiens. En face de mes quatre divisions, soit vingt milles hommes, se présentaient trente milles Hittites.

Peuple sauvage venu de Syrie. Nous attendions, encore et encore. J'avais deux cent cinquante chars de combats et mes étalons portaient la bague royale d'or et d'argent.

 

J'étais le guerrier des guerriers, Ramsès 2.

 

Le vent des sables tourbillonnait, montait et emportait parfois dans ses mâchoires, un bœuf ou des hommes de combats. Et les tablettes d'argile des scribes se frottaient au soleil et mourraient ? Alors je donnais l'ordre de charger vers ces bêtes enragées. Et le sable chaud marquait au fer rouge les pieds décharnés de mes esclaves, et l'écume du sable frottait contre le ventre des boucliers. Et les empruntes des combattants se mêlaient à la terre de Syrie. Et mes soldats chargeaient, et mes chars vomissaient sur les crânes des Hittites en perdition. Mes fantassins tuaient, mes charrier écrasaient. Et les haches et les bâtons de jet et les lances tuaient.

Je disais « Rendez coup pour coup, ou vos femmes seront violées, et vos fils éventrés, par Osiris, je vous donnerai la pièce du passeur mais passez les défenses de Kadesh. » Alors sur la ville de Kadesh, là où le sable devenait boue, là où la boue devenait tripailles, l’Égypte gagnait le droit de vivre.

 

J’étais Ramsès 2, le bâtisseur.

 

Le troisième cavalier des 44 chevaliers du cœur en cette année mille trois cent quatre avant l'ère de votre prophète Jésus.

 

 
 
 
 
 
  


07/12/2012
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