La nudité de l'esprit.

La nudité de l'esprit.

L'enfant et le huitième cavalier.

 

 

 

Le moine passait sa route sur le poney prêté par le prieuré de Niewport.

 

La femme qu'il voyait était en couche. Le moine savait alors que son érudition, du latin, du grec ne servirait à rien face à la femme qui pleurait comme un gosse et accouchait, gueuse de vie. Il savait bien que même si son français normand aurait pu engrosser une putain. Il ne pourrait jamais changer la destinée pourpre du fruit des entrailles d’une certaine éthérée, au nom de Marie.

 

La femme était seule et crachait un petit, comme la terre vomissait ses volcans. Mais le volcan n'était pas là, la chaleur de la terre était dans le ventre de la femme, magma de misère … Le blé avait été rare cette année et les moissons consacrées n'avaient engendré que du malheur.

 

Un chevalier en cote de mailles, en toge blanche, l'épée au fourreau, peut être brillante, un ruban blanc porté sur le bras droit, digne signe de sa belle, son destrier était de Hanovre, Le cheval devait mesurer au moins un mètre soixante-dix au garrot. C'était mon gens d'armes, il était prêtre et chevalier de Malte. Il était furibond, et marchait à mes cotés, téméraire mais âme mortelle. Il était impassible devant la pauvre qui pleurait, se vidant de son sang et de ses tripes. Et justement la tripaille arrivait, maculé du ventre de sa mère mais déjà immaculé du soleil de Christ. Il vivait, il était né, le pauvre être. Et sa mère était morte au travail, la gloriole des ombres.

 

Il était tellement petit, infime boule de chair au cœur à peine perceptible que je l'avais tout de suite baptisé parce que je ne voulais pas que cet être erre dans les limbes. Il s'appelait maintenant David. J'avais vu et le chevalier aussi une aura, un rayonnement, une flèche, une image qui sortait du gamin, c'était le destin. L'enfant Christ était devant nous. Je donnais alors un ordre. « Allez, chevalier ! Vous êtes maintenant le garant de l'enfant Roy, vous êtes adoubé devant Dieu et devant moi. Vous êtes de par ma volonté, le huitième cavalier des Quarante quatre de l'humilité. Prenez l'enfant et conduisez l'être devant le monastère de Kiming. en basse Écosse ». Pendant trente ans, le huitième cavalier faisait ce qu'il pouvait pour protéger David. Mais David avait le sang de sa mère, il pénétrait dans l'inconnu, en terre d'en France pour y construire des cathédrales. Il était bâtisseur et compagnon de Jésus. Il bâtissait Saint Denis de Paris, comme maître bâtisseur.

J'étais Korn, le huitième cavalier des quarante quatre insoumis mais au-delà de nos frontières envers l'univers nous étions soumis. Je surveillais mon maître, une épée donnée d'un prieur, une dague offerte d'une fiancée de quatorze ans. Je ne la verrai plus jamais. La nef était grande, trop grande. les transepts longs, trop longs .J'étais pénétré de l'absence de Dieu.

 

Moi, Korn, valet du tout puissant. Je valais mille capitaines au combat. Je vouais mon âme à Dieu et à David. David était mort dans la nef qui c'était écroulée. Mon âme, n'écoutait que mon esprit, l'âme s'envolait depuis la nef, sur mon cheval, je priais les reliques des saints et des vierges. Aidez- moi Seigneur a enterrer David en terre consacrée . Et Aidez- moi Seigneur à mourir dans l'instant sur mon noble destrier.

 

 

 



05/11/2012
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