La nudité de l'esprit.

La nudité de l'esprit.

Mauvaise pêche ...

Bisous scintillant

 

Il était accoudé au comptoir, quelques blagues à deux sous flirtaient  avec son désespoir. Des badauds riaient à s’en décrocher la mâchoire ! Une main heurta brusquement son épaule, c’était une frappe amicale. Lui  faisait semblant de sourire… Son interlocuteur était heureux, il venait de gagner dix mille euros au loto sportif! Sa joie, il ne pouvait la partager, sa compagne l’avait quitté et plus rien n’avait d’importance… Dans sa main un papier chiffonné torturait le peu d’existence qu’il lui restait. Sa décision était prise, demain à l’aurore  il enjamberait le parapet du pont des amants oubliés. Pas de pierre à son cou cela était inutile, il ne savait même pas nager! Il s’imaginait partir sans bruit, sombrer tout en douceur dans les eaux profondes de la Dordogne en crue … Cette année, l’hiver fut généreux par ses prouesses neigeuses , les stations hivernales lui rendaient grâce et lui rendait grâce à la  fonte des neiges … Le flot de sa chère  rivière ainsi amplifié lui facilitera la tâche. Il n’ira pas pêcher la truite mais ferrer la mort … Il se remémore des souvenirs qui lui font mal à en crever. l‘été dernier il se roulait dans l’herbe encore humide de la rosée du matin, dans ses bras une jolie blonde … A l’aide de deux pierres il calait sa ligne, un appât de choix à l’hameçon, ses mains lui servaient à autre chose… Ses amis lui disaient bien qu’elle était trop belle pour lui, que le seul intérêt qu’elle lui portait, s’adressait à son portefeuille mais lui hypnotisé par la splendeur de ses formes n’entendait plus la bonne parole! Il parlait de mariage, de fonder un foyer, quand son escarcelle fut vide, la belle au bois dormant se déroba …  Seul un rêve d’outre tombe subsiste frappant à la porte du temps comme un orphelin aux remparts du néant. Huit heures, le soleil se levait à peine, le guide de l’absolu fringuant accompagnait ses pas hésitants … Résonnait le son mortuaire de ses chaussures sur le parvis. Il posa une main sur le fer glacial de la rambarde, quelques écailles de peinture blessaient sa peau mais ce n’était rien …          

 



25/05/2012
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