La nudité de l'esprit.

La nudité de l'esprit.

Ne touche pas à ça petit con !

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Il était une fois … Il n’a été qu’une seule fois. Il fut un brocanteur qui avec sa vespa et une petite remorque de fortune  parcourait la campagne défrichant  greniers et mémoires.  La main tremblante et le cœur si nu que nul miséreux ne peut nier sa pauvreté. Ce jour là il pleuvait à torrent  …  Le chemin était tellement boueux que les roues du cyclomoteur patinaient chandail de boue sur son dos, se voulant héros de la chaussée, il partit malgré tout …  Un de  ses garnements de fils s’était  accroché au guidon  et lui …  Lui criait comme d’habitude :

« Touche pas à ça petit con ! » Il leurs disait très souvent à ses enfants de peur qu’ils se blessent.

C’était le petit dernier, toujours le petit dernier qui voulait bloquer son départ à chaque fois c’était le même refrain … Ah oui le petit dernier !   Celui qu’on choie plus que les autres parce qu’on sait bien que c’était les dernières larmes de joie que verse la femme qui accouche. Parce que trop âgée pour enfanter une autre fois, le sourire du  bon dieu perlait sur ses lèvres aux pleurs du nouveau-né et pour lui sa Louise  c’était sa Louisiane !

La nuit commençait à poser son voile d’anxiété dans la maisonnée, il était vingt deux heures et le père n’était toujours pas rentré … Soudain un toc, toc, toc grommela contre la porte d’entrée et quand la mère vit un képi dépassé dans l’embrasure, elle eut tout compris …   

Ses larmes fondaient sur ses joues comme la cire chaude s’écoule dans le bougeoir. Les gendarmes pouvaient quitter leurs gants blancs car leur nouvelle était trop noire. C’était une petite famille à l’escarcelle aux milliers de trous … N’ayant pas les moyens d’acheter et de faire graver une plaque en sa mémoire de baroudeur … Les deux aînés Maxime seize ans et Virginie treize ans découpèrent à la pince à fer tant bien que mal le garde-boue de sa Vespa. Puis faisant chauffer une pointe de cent dans le brasier de l’âtre  d’un forgeron, ami et voisin depuis des lustres, ils espéraient arriver à leur fin, remercier leur paternel de la paillasse et la soupe chaude dans leur bol qu’il  leurs avait données pendant toutes ces années,  leur cœur était aussi chaud que du fer à forger … Munis de gants rembourrés de chiffons, il commencèrent à inscrire la première lettre sur la plaque de ferraille  et les autres suivirent  :

- « Touche pas à ça … Petit con ! ».

 

 

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26/04/2014
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